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ENGAGES ! complément de cours ( 3ème )

Publié le par annepaingault

    Par mes collègues de Guy Moquet    

Pasternak Le prix Nobel

Le Prix Nobel

Ils m’ont traqué et pris au piège Chez moi, ils m’ont fait prisonniers. La meute hargneuse m’assiège. Pourtant, je sais la liberté.

A droite, la forêt très noire ; A gauche, un pin couché, un lac ; Ils ne me restent aucun espoir. Tant pis ! Advienne que pourra !

Pourquoi me disent-ils immonde ? Et est ce donc si criminel D’avoir chanté devant le monde L’éclat de ma russie si belle ?

Jusqu’au bout, je persiste à croire Que les envieux et les larbins Devront admettre la victoire A venir de l’esprit du bien.

 

Lamartine

Contre la peine de mort (Au peuple du 19 octobre 1830) Songe au passé, songe à l’aurore De ce jour orageux levé sur nos berceaux ; Son ombre te rougit encore Du reflet pourpré des ruisseaux ! Il t’a fallu dix ans de fortune et de gloire Pour effacer l’horreur de deux pages d’histoire. Songe à l’Europe qui te suit Et qui dans le sentier que ton pied fort lui creuse Voit marcher tantôt sombre et tantôt lumineuse Ta colonne qui la conduit !

Veux-tu que sa liberté feinte Du carnage civique arbore aussi la faux ? Et que partout sa main soit teinte De la fange des échafauds ? Veux-tu que le drapeau qui la porte aux deux mondes, Veux-tu que les degrés du trône que tu fondes, Pour piédestal aient un remords ? Et que ton Roi, fermant sa main pleine de grâces, Ne puisse à son réveil descendre sur tes places, Sans entendre hurler la mort ? (v.160-179) Lamartine, 1830  

Antonio MACHADO Le crime a eu lieu à Grenade  

Jean CAYROL

  J’accuse Au nom du mort qui fut sans nom Au nom des portes verrouillées Au nom de l’arbre qui répond Au nom des plaies au nom des prés mouillés Au nom du ciel en feu de nos remords Au nom d’un père qui n’aura plus son fils Au nom du livre où le sage s’endort Au nom de tous les fruits qui mûrissent

Au nom de l’ennemi au nom de vrai combat Où l’oiseau avait fait son nid Au nom du grand retour de flamme et de soldats Au nom des feuilles dans le puits

Au nom des justices sommaires Au nom de la paix si faible et dans nos bras Au nom des nuits vivantes d’une mère Au nom d’un peuple dont s’effacent les pas

Au nom de tous les noms qui n’ont plus de renom Au nom des lois remuantes au nom des Voix Qui disent oui qui disent non Au nom des hommes aux yeux de proie

Amour je te livre aux premières fureurs de la Joie.

 

David DIOP « Afrique mon Afrique » Afrique Afrique mon Afrique Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales Afrique que chante ma grand-mère Au bord de son fleuve lointain Je ne t’ai jamais connue Mais mon regard est plein de ton sang Ton beau sang noir à travers les champs répandu Le sang de ta sueur La sueur de ton travail Le travail de l’esclavage L’esclavage de tes enfants Afrique dis moi Afrique Est-ce donc toi ce dos qui se courbe Et se couche sous le poids de l’humilité Ce dos tremblant à zébrures rouges Qui dit oui au fouet sur les routes de midi Alors gravement une voix me répondit Fils impétueux cet arbre robuste et jeune Cet arbre là-bas Splendidement seul au milieu des fleurs Blanches et fanées C’est l’Afrique ton Afrique qui repousse Qui repousse patiemment obstinément Et dont les fruits ont peu à peu L’amère saveur de la liberté. "Défi à la force"

"Toi qui plies, toi qui pleures Toi qui meurs un jour sans savoir pourquoi Toi qui luttes, qui veilles sur le repos de l’autre Toi qui ne regardes plus avec le rire dans les yeux Toi mon frère au visage de peur et d’angoisse Relève toi et crie : Non"

David DIOP 1956

 

Ravensbruck

A Ravensbruck en Allemagne On torture on brûle les femmes

On leur a coupé les cheveux Qui donnaient la lumière au monde

On les a couvertes de honte Mais leur amour vaut ce qu’il veut

La nuit le gel tombe sur elles La main qui porte son couteau

Elles voient des amis fidèles Cachés dans les plis du drapeau

Elles voient Le bourreau qui veille A peur soudain de ces regards

Elles sont loin dans le soleil Et ont espoir en notre espoir

René-Guy Cadou    

 

Aimé Césaire Prophétie Là où l’aventure garde les yeux clairs là où les femmes rayonnent de langage là où la mort est belle dans la main comme un oiseau saison de lait là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe de prunelles plus violent que des chenilles là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois

là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux

là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d’une ruche plus ardente que la nuit là où le bruit de mes talons remplit l’espace et lève à rebours la face du temps là où l’arc-en-ciel de ma parole est chargé d’unir demain à l’espoir et l’infant à la reine,

d’avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan d’avoir gémi dans le désert d’avoir crié vers mes gardiens d’avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes

je regarde la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant de la scène ourle un instant la lave de sa fragile queue de paon puis se déchirant la chemise s’ouvre d’un coup la poitrine et je la regarde en îles britanniques en îlots en rochers déchiquetés se fondre peu à peu dans la mer lucide de l’air où baignent prophétiques ma gueule ma révolte mon nom    

ET AUSSI

Benjamin FONDANE Crier jusqu’à la fin du monde

Ronsard Remontrance au peuple de France

Aubigné Les Tragiques

Chénier Ode à Charlotte Corday

Musset Le Rhin Allemand

 

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